Themis P. naît à Athènes en 1945, dans une famille bourgeoise, aisée, et qui n'a rien qui puisse lui donner le goût de l'esthétique ni la recherche du « BEAU » Naturellement enclin aux plaisirs de la construction miniaturisée, il représente vers l'âge de 7/8 ans, en plasticine : la carte géographique de la Grèce, avec ses reliefs, ses cours d'eaux et ses îles. Elle sera exposée dans son école et servira pendant plusieurs années aux élèves du cours de géographie. Il fera aussi plusieurs représentations toujours en plasticine de nombreux sujets de la Grèce antique, tel que Trirèmes, etc. Sa mère les montre fièrement à la famille et aux amis ; mais ses parents ne l'encouragent pas à poursuivre dans ce domaine. Ses dons innés pour les travaux artistiques, et l'école de Beaux Arts. . . c'est bien, mais ce n'est pas sérieux! il faut un bon et vrai métier. L'art doit rester un hobby !!
Il partira pour la Belgique à 17 ans et y fera des études d'ingénieurs civil à l'université de Liège mais après la troisième année il abandonne les cours, il s'interroge sur son avenir et ses possibilités artistiques qui restent encore floues, imprécises, mais toujours présentes.
C'est à ce tournant de sa vie qu'il rencontre une jeune femme, mariée et mère de deux jeunes enfants.
Elle aussi, ne voit plus de perspectives dans sa vie étriquée et bourgeoise dans une petite ville de province belge.
Elle n'aime plus son mari qui la déçue et qui croit la maintenir dans une cage dorée. On est dans les années 70, tout bouge, tout bascule, on rejette les idées reçues et vides de tout sens existentiel.
Elle va l'entraîner dans son projet, il est insensé, parait irréalisable, elle le mène seule depuis 2 ans. Lui il y croit : la reconstruction d'une petite maison en Provence dans un hameau abandonné depuis 40 ans complètement en ruines sans eau ni électricité.
La passion amoureuse et la perspective pour lui d'une vie plus originale, l'enthousiasme. Et ils partent, quittent tout.
Ce sera dur, mais il va découvrir l'amour des pierres, l'art de la belle reconstruction, ainsi que le plaisir d'apprendre à restaurer des meubles anciens.
Plus tard de retour en Grèce il reprendra l'agrandissement de la petite maison de « campagne » de sa grand-mère située dans un faubourg du nord d'Athènes. Ils en feront un petit havre de paix au milieu d'arbres et de fleurs, entourés d'immeubles de cinq étages.
Là il va peindre. Il a découvert les maîtres de 17me siècle et de 18me siècle. Il apprend en restaurant des petits maîtres anciens (ceux qu'ils peuvent acheter). Il se fait connaître parmi les antiquaires d‘Athènes. Il va créer des œuvres originales en s'inspirant de grands maîtres qu'il va s'appliquer à copier à la perfection.
Il découvre aussi le plaisir de créer de bijoux en argent, en bronze. Il composera de bijoux de fantaisies destinés aux collections de Prêt à Porter des jeunes couturiers dans cette vie nouvelle et bouillonnante qu'est alors Athènes dans les années 80.
Au cours de leurs voyages à travers la Grèce, ils découvrent les îles, et les régions. Ils tombent amoureux du Péloponnèse d'où son père et sa mère sont originaires. Et là tombent en arrêt devant un panorama à couper le souffle donnant sur le golf d'Argolide.
Il veut construire sa maison là, et de ses mains. Il fait les plans, la maquette et après le « gros oeuvre » il va tout penser, tout faire, tout terminer. Il faudra 10 ans. Et c'est au cours de ce temps qu'il va découvrir un matériel qui le séduit pour le transformer en sculptures. Il va le travailler en panneaux, nature, polychrome, recouvert de feuilles d'or, en statues, en colonnes décorées, qui peuvent être placées aussi bien à l'intérieur que dans un patio, un jardin ou un parc.
Il peint aussi de grands panneaux décoratifs qui peuvent ornés tous les genres de résidences privées ou autres.
Il peut à présent avec la grande expérience qu'il a acquise dans tous ces domaines, réaliser tous les rêves de décoration et d'embellissements possibles.
Ils vivent à présent en France.
Après tant d'années, leur union tient toujours, c'est probablement grâce à l'amour de l'art.
Texte: Nicole Winands
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